Comme il est souvent déstabilisant de passer d’une situation à une autre : déménagements, changements de travail, arrivée ou départ d’un enfant…
Mais aussi lors de changements plus subtils, plus intérieurs : un nouveau comportement, ce que je ne veux plus, ce vers quoi je veux aller.
On parle souvent du point de départ et du point d’arrivée, mais on parle très peu de cet entre-deux.
La transition
Cet espace inconfortable où tu n’es plus vraiment la personne d’avant… sans être encore celle que tu deviens.
Cet espace où tu perds tes repères, où tu peux te sentir perdue, comme si tu n’avais plus la capacité d’avancer. Avancer vers quoi, d’ailleurs ?
Comme si, soudainement, tu ne savais plus.
Et au fond, c’est un peu ça.
Ton ancienne version est déjà derrière toi, et la nouvelle est en cours de construction, sans repères précis, sans savoir comment cette nouvelle version va exister, interagir, être perçue… ni même si toi, tu vas te reconnaître.
C’est une zone de flou qui, souvent, est mal interprétée.
Elle peut être vécue comme une perte, un échec, comme un moment où « quelque chose ne va pas ».
Mais en réalité, quelque chose est en train de se réorganiser.
Quelque chose en toi ne peut plus fonctionner comme avant, et en même temps, quelque chose te pousse à avancer.
Une envie de faire différemment, de te délester de certains schémas, de certains poids, parfois même de certaines relations.
Une envie de te regarder autrement, de croire davantage en toi et, plus largement, en la vie.
C’est précisément à cet endroit que la résistance apparaît avec les peurs, l’insécurité, le doute.
Non pas parce que tu es en train de te tromper… mais parce que tu es en train de quitter un connu, même inconfortable, pour aller vers un inconnu.
Et l’inconnu n’offre aucune garantie.
Dans cette phase, il est fréquent de te sentir plus vulnérable, plus confuse, parfois même plus émotive.
Ce qui te convenait hier ne te correspond plus tout à fait, mais ce que tu veux vraiment n’est pas encore clair.
Tu peux avoir envie d’avancer… et, dans le même mouvement, ressentir le besoin de ralentir.
Douter de toi, de tes choix, de tes ressentis, et, par moment, ne plus vraiment te reconnaître.
Non pas parce que tu régresses, mais parce que tu es en train de quitter un fonctionnement ancien, sans avoir encore stabilisé le nouveau.
Le plus déstabilisant dans la transition, ce n’est pas de changer … c’est de ne plus pouvoir redevenir celle que tu étais.
Peut-être que la transition ne te demande pas d’aller plus vite, mais simplement d’arrêter de résister.
Pas de tout comprendre ou tout maîtriser, mais juste d’accepter de ne plus être celle d’avant, de ne plus avoir ou vouloir les mêmes comportements.
Pourtant, chaque jour, nous changeons, nous évoluons.
La différence, ici, c’est que tu en prends conscience.
Et cette conscience t’amène à ressentir ce que tu ne peux plus éviter, à avancer sans t’appuyer sur tes anciens repères.
Alors non, la transition n’est pas confortable, mais elle n’est pas non plus un égarement.
C’est un passage, entre ce que tu as été et ce que tu es en train de devenir.
Et si, au lieu de chercher à retrouver un équilibre à tout prix, tu acceptais que cet équilibre soit en train de se redéfinir ?
Simplement pour te permettre de te rencontrer autrement.

